/ Réflexions

Mais pourquoi faut-il contrôler la DSN tous les mois ?

Je partage une petite réflexion basée sur mes 20 ans de gestion de projets informatiques.

En effet, à force d'échanges fonctionnels sur la Dsn avec des experts paie, URSSAF, organismes complémentaires (ce qui est passionnant...), on en fini par oublier un élément fondamental de la DSN : c'est une interface informatique entre plusieurs systèmes complexes !

Cette remarque peut paraitre évidente mais elle est très peu présente lorsqu'on parle de ce sujet.

La cible de la DSN est d'être une interface entièrement automatisée entre le système de paie des entreprises et les systèmes des organismes sociaux et complémentaires.

C'est une interface complexe car, en plus de manipuler des centaines de données par salarié, elle est dynamique : tout changement dans le passé doit être retracé sur la paie passée (rappel ou régularisation), il n'est pas possible de faire "une régularisation des montants en fin d'année" comme par le passé. Donc pour corriger la DSN, il faut faire du rappel en paie... qui peut générer des modifications sur plusieurs mois de paie par exemple par le changement de tranche.

Et là, je viens de parler du système émetteur mais il reste que le changement doit être correctement interprété par TOUS les systèmes récepteurs... qui eux-même peuvent faire une interprétation erronée. L'entreprise devra alors expliquer sa déclaration et la situation du salarié à l'organisme qui a mal interprété la donnée reçue.

C'est là que l'expérience de mes 20 ans de projets informatiques interviennent : JE N'AI JAMAIS VU UNE INTERFACE AUSSI COMPLEXE FONCTIONNER SANS AUCUNE SURVEILLANCE.

  • La première étape a toujours été d'effectuer une recette longue et fastidieuse de tous les cas possibles : sur plusieurs mois avec des situations complexes.
  • La deuxième est de fonctionner à blanc pendant plusieurs mois.
  • Et enfin la troisième étape, une fois le fonctionnement validé, mettre des points de contrôles systématiques et automatiques pour éviter toute régression. Ces points de contrôles provoquant des mises à jour régulière de correctifs surtout durant la 1ère année de fonctionnement qui va correspondre à un cycle complet de paie.

Alors souvent, on me dit (ou on m'écrit sur les réseaux sociaux) : mais tout marche très bien actuellement, arrêtez de faire peur à tout le monde !
Et je me retrouve en situation inversée de la recette d'un projet avec un client qui dit classiquement quand on livre le résultat d'un projet "ça ne marche pas" !

Dans les 2 cas, la phrase ne veut rien dire et n'aide pas à y voir clair.

Que veut dire "tout marche très bien" ? :

  • qu'il n'y a pas de retour des organismes ?

  • qu'il n'y a pas de conséquence de déclarations erronées sur les salariés pour leur remboursement maladie, cotisation chômage, cotisation retraite ?

  • que l'entreprise est bien remboursée rapidement des jours subrogés ?

  • qu'il n'y a pas eu de pénalités appliquées ?

  • que l'URSSAF n'a pas déclenché de redressement ?

  • que les syndicats n'ont pas parlé d'obstruction parce que la BDES ne contient pas les mêmes données que la DSN ?

  • qu'il n'y a eu aucune correction manuelle dans les systèmes par les organismes ?

  • que les responsables de paie n'ont jamais eu à appeler un organisme pour obtenir la régularisation d'une situation ?

  • qu'aucun salarié ne s'est plaint que sa DSN était fausse ?

  • ou qu'il y a une procédure de validation systématique par l'entreprise des données transmises, de leur conformité intrinsèque mais aussi avec les autres données qui sortent de l'entreprise tels que les bulletins de salaire, le bilan social, la BDES ou même la comptabilité au travers du FEC (fichier des écritures comptables) et qu'il ressort un niveau d'erreur acceptable par l'entreprise ?

C'est le fond de mon propos et c'est ce qui m'a amené à créer Conciliator™ PAY avec Dhatim : pour qu'une interface informatique fonctionne convenablement, il faut définir ce que veut dire "convenablement" puis le mesurer à chaque production de cette interface.
Avec la DSN qui est un système évolutif comprenant énormément de données et d'instructions de fonctionnement, il est impossible de contrôler cette interface sans un outil de contrôle dédié... Mais réaliser cet outil en interne et le maintenir présente un coup déraisonnable pour l'entreprise.

C'est pour cela que la mutualisation des coûts et de la connaissance entre plusieurs entreprises est la seule option possible pour sécuriser la DSN de façon systématique donc réelle.
C'est bien cette conclusion issue de 20 ans de direction de gros projets informatiques qui m'a convaincu de la nécessité de créer Conciliator™ PAY pour aider les entreprises à sécuriser leur DSN à moindre coût global.