/ Réflexions

Bonne année 2017 : année de la digitalisation de la paie

L'année 2017 s'annonce passionnante car elle se présente comme une année de digitalisation pour la France et ses entreprises qui auront l'occasion de revenir à la pointe de l'innovation.
Pourquoi maintenant plus que 2016 ou 2015 ? La digitalisation n'est évidemment pas liée aux effets de l'élection présidentielle, qui n'aura pas d'impact avant la fin d'année, mais est due à un chantier de transformation engagé depuis plusieurs années par l'Etat : la Déclaration Sociale Nominative (DSN).

-> En quoi la DSN va transformer les relations sociales des entreprises et la façon de réaliser la paie et pourquoi maintenant alors que la norme est active depuis plus de 2 ans ? C'est l'objet de cet article.

2017 année d'exploitation réelle de la Dsn


2017 correspond au véritable démarrage de la DSN puisque les données individuelles transmises chaque mois par les entreprises vont être réellement exploitées :

  • par l'Etat au travers de l'ACOSS qui va réellement utiliser les cotisations individuelles plutôt que les blocs agrégés (qui ne sont qu'une DUCS dans le nouveau format) pour contrôler,
  • par l'Etat pour l'impôt à la source qui nécessite d'avoir les données mensuellement,
  • par les organismes complémentaires pour qui la DSN devient le seul format d'échange,
  • puis petit à petit par tous les organismes (la liste est ici) par facilité car utiliser des données fiables transmises automatiquement est plus facile que de récupérer des données sur la base d'un déclaratif aléatoire.

L'autre raison moins réjouissante pour l'exploitation réelle des DSNs en 2017 est le montant des pénalités. Le législateur, par le biais du décret n°2016-1567 du 21 novembre 2016 a imposé des pénalités très élevées pour les erreurs de la DSN. Voici un extrait des pénalités pour vous en rendre compte :

  • 48 € par salarié non en DSN et 16 € pour chaque donnée d'un salarié non déclarée.
  • 32 € pour une donnée inexacte ayant pour effet de minorer les cotisations et 10 € si celle-ci ne minore pas les cotisations

On voit clairement qu'avec de telles pénalités le législateur a décidé de donner les moyens aux organismes d'Etat pour que 2017 soit l'année de fonctionnement réel de la DSN (ie : nominative).

2017 année de la montée en puissance de l'Intelligence Artificielle

L'intelligence artificielle fait encore figure de mot "tarte à la crème" pour faire vendre n'importe quel produit.
Pourtant, plusieurs signes montrent que c'est devenu une réalité :

  • Elle était le sujet de discussion principal du forum de Davos. L'intelligence artificielle commence à transformer les métiers et notre rapport au travail et pas seulement dans les services : l'industrie 4.0 n'est plus un sujet de réflexion mais est en route. Si l'industrie est capable de transformer sa façon de produire grâce l'intelligence des robots, ce sera forcément beaucoup plus rapide dans tous les métiers "non physiques".
  • des personnalités normalement à la pointe telles que Sergey Brin, fondateur de Google reconnaissent ne pas avoir imaginé une montée aussi rapide de l'intelligence artificielle : Google co-founder Sergey Brin: I didn’t see AI coming
  • les plus gros acteurs de l'informatique (donc pas les plus réactifs) comme Oracle sont tous en train d'annoncer des assistants intelligents #OOW16 Recap: Chatbots Are Coming!
  • l'approche SaaS (Software as a Service) indispensable à la mise en oeuvre de l'intelligence artificielle pour la masse de données n'est plus un sujet de réflexion. Les entreprises ont compris que c'était le seul moyen d'accéder à des services complexes rapidement et à coût raisonnable.

Les services à base d'IA vont donc se succéder à un rythme soutenu en 2017. Evidemment, il restera à identifier ceux qui sont réellement utiles.

2017 l'année de l'assistant intelligent "opérationnel"

C'est donc bien la question de fond de l'intelligence artificielle : en quoi peut-elle servir l'entreprise en dehors du sujet classique très dédié à certain secteurs (recherche de fraude, comportement d'acheteurs...) ?

Le plus simple pour comprendre est de revenir à ce qui est "physique" : l'industrie.
Dans l'industrie, les robots ne remplacent pas les hommes :

  • ils les aident à réaliser les tâches que l'homme ne peut pas faire (car besoin de trop de rapidité ou répéter sans jamais d'erreur un même geste)
  • ou réalisent les tâches qui ne nécessitent pas l'intelligence et l'adaptabilité humaine (tâches répétitives);

Du côté des services back office de l'entreprise, l'approche est exactement la même. Les robots ne vont pas remplacer les services de paie qui nécessitent une intelligence de prise en compte des situations humaines et légales.
Par contre l'assistant intelligent peut, comme le robot de l'industrie :

  • aider les gestionnaires à réaliser les tâches qu'ils ne peuvent pas faire par manque de temps (la fréquence mensuelle de la paie et du déclaratif est importante pour une vérification soignée) ou à cause de volume et de complexité trop important pour un être humain (la DSN et ses 400 données par salarié)
  • alléger le gestionnaire de tâches répétitives sans aucune valeur ajoutée : vérification de la cohérence des assiettes, de l'absence d'oubli de données etc..

Mais il peut faire beaucoup plus grâce aux données auxquelles il a accès. Il peut, par exemple, répondre à toutes les questions qui prennent beaucoup trop de temps au quotidien des gestionnaires :

  • quel est le nouveau taux de versement transport pour la zone transport SMTCA Clermontoise ? a-t-il été bien parametré dans ma paie ?
  • quelles sont les salariés pour lesquels le temps de travail déclaré n'est pas compatible avec la législation ?
  • le remboursement par la CPAM des 3 derniers mois d'arrêt maladie a-t-il été effectué ? Quels sont les salariés pour lesquels ce n'est pas le cas ?
  • ...

2017 année de la transformation des Maitrises d'ouvrages

La transformation technologique évoquée ci-dessus va en provoquer une autre : la transformation des maîtrises d'ouvrages dans le domaine de la paie.

Pourquoi continuer à réaliser des états de contrôles de paie et passer beaucoup de temps à les lire si une machine peut le faire ?

Pourquoi passer des nombreux jours à réaliser un bilan social si toutes les données sont déjà transmises automatiquement à l'administration (et donc aux organisations syndicales) et devront donc être cohérentes ?

Pourquoi chercher l'évolution des taux versements transport si en posant une question à mon assistant digital j'ai la réponse immédiatement ?

Pourquoi réaliser des simulations complexes sur Excel de l'évolution de mes charges salariales, des départs, de l'absentéisme si "en projetant" dans le futur ma DSN, j'ai toutes les informations basées sur l'analyse massive des entreprises de mon secteur ?

Grâce à la DSN associée à l'IA, le potentiel de transformation pour les entreprises françaises est énorme. Elles vont pouvoir revaloriser leurs fonctions back office en mettant en avant l'intelligence qui leur permet d'être encore plus compétitives mais surtout, elles vont pouvoir anticiper les situations humaines (démission, absentéisme, démotivation) et être toujours en avance sur l'humain qui est leur force.

Dhatim en fournissant le premier assistant intelligent de paie accompagne les entreprises dans cette transformation de la façon la plus simple possible : en utilisant la DSN que toutes les entreprises produisent déjà.